| RECONNAISSANCE DE LA COMPÉTENCE DE LA
COMMISSION: PROCEDURE
L'une des caractéristiques essentielles de
la Commission est qu'elle ne peut mener une enquête qu'avec
le consentement des parties concernées. La signature ou la
ratification du Protocole I par un État n'implique pas la
reconnaissance de la compétence de la Commission. Le consentement
doit être donné séparément. Ainsi, un
État peut soit faire une déclaration unique par laquelle
il reconnaît la compétence de la Commission à
titre permanent, soit donner son consentement à titre provisoire
pour que la Commission enquête sur un différend particulier.
1) Déclaration unique
Une déclaration unique peut être faite
au moment de la signature, de la ratification ou de l'adhésion
au Protocole I, ou à tout autre moment ultérieur.
Par le biais de sa déclaration unique, un État
autorise la Commission à enquêter sur toute demande
relative à un conflit l'opposant à un autre État
ayant fait la même déclaration. L'action de la Commission
n'est alors subordonnée à aucune forme d'approbation
supplémentaire. Il va de soi qu'un État ayant fait
la déclaration unique jouit du droit de demander la tenue
d'une enquête sur tout conflit opposant des États,
lui y compris, ayant fait la même déclaration.
2) Forme de la déclaration unique
Bien qu'il n'existe pas de présentation standard,
un État doit clairement énoncer dans sa déclaration
unique qu'il reconnaît la compétence de la Commission
internationale d'établissement des faits telle que définie
à l'article 90 du Protocole additionnel I aux Conventions
de Genève de 1949. La déclaration doit être
transmise au dépositaire du Protocole I, soit le gouvernement
suisse.
La Confédération suisse a élaboré
pour la déclaration de reconnaissance un modèle que
les États sont libres d'utiliser. Les Services consultatifs
en droit international humanitaire du CICR mettent aussi à
disposition des États un modèle de déclaration
de reconnaissance de la compétence de la Commission.
3) Consentement ad hoc
Une partie à un conflit armé qui n'a
pas fait la déclaration unique peut néanmoins reconnaître
la compétence de la Commission à titre temporaire,
dans le cadre limité d'un conflit qui l'oppose à une
autre partie. Cette forme de consentement n'est pas une reconnaissance
permanente de la compétence de la Commission.
Toute partie à un conflit peut demander à
la Commission de mener une enquête. Lorsqu'une plainte est
déposée contre une partie qui n'a pas donné
son consentement, la Commission transmet cette plainte à
ladite partie et lui demande si elle consent à l'enquête.
En cas de refus, la Commission n'est pas autorisée à
enquêter. En cas de consentement, la procédure d'enquête
débute.
Dans un conflit opposant des parties qui n'ont pas
fait la déclaration unique, une partie n'est jamais liée
par un consentement antérieur, et il lui appartient de réaffirmer
la compétence de la Commission au moment où une plainte
est déposée contre elle. Évidemment, la demande
d'enquête doit émaner d'un État ayant aussi
reconnu l'autorité de la Commission. |